La Provence Antique
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Au VIIème siècle avant J.C., cherchant à ouvrir
de nouvelles routes commerciales des Grecs d'Asie Mineure, originaires
de la ville de Phocée, fondent le comptoir de Massalia (Marseille)
au contacts des peuples locaux, les Ligures.
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Devenu un centre important de la vie économique, Massalia fondent
à son tour de nombreux comptoirs de la côte espagnole jusqu'à
la côte italienne: Olbia (Hyères), Antipolis (Antibes), Nicoea
(Nice), Tauroentum (Saint-Cyr-sur-Mer), Rhodanousia (Arles) ...
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Mais si les Massaliotes ne poussent pas à l'hellénisation
des populations, la ville devient la plaque tournante du commerce méditerranéen
et établit son influence dans la Basse Provence: urbanisation organisée
(plan en damier), culture de la vigne et de l'olivier. Enfin pour mieux
asseoir leur puissance, les Grecs de Massalia éliminent leurs deux
grands rivaux, les Carthaginois en -480 et les Etrusques en -475.
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Cette vie fondée sur la richesse maritime pousse deux navigateurs,
Euthymène vers les côtes africaines de l'équateur,
et Pythéas vers la Cornouaille britannique à la recherche
de l'ambre et de l'étain.
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C'est au IVème siècle avant J.C., que les Celtes, venus
d'Europe Centrale, envahissent la Provence. En -390 ils pillent Rome et
en -290 la ville sacrée de Delphes.
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Minoritaires les Celtes se mélangent très vite aux Ligures,
populations autochtones majoritaires. Ils s'installent de préférences
sur des sites en hauteurs: les oppida (oppidum au singulier).
Ils organisent ces mêmes populations en tribus: les Cavares dans
le Vaucluse, les Oxybii et Décéates dans le Var et les Alpes-Maritimes,
les Voconces dans la Drôme et les Salyens en Basse-Provence. La capitale
de ces derniers, Entremont, est situé à quelques kilomètres
d'Aix-en-Provence.
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Bien que subissant eux-aussi l'influence grecque, les Celto-Ligures
vont très vite s'opposer à la cité commerciale de
Massalia. Ainsi lors des Guerres Puniques entre Rome et Carthage, les Celtes
favorisent l'alliance carthaginoise (ennemis des Massaliotes) en fournissant
d'importants contingents à l'armée d'Hannibal en route vers
l'Italie via la Gaule, tandis que Massalia se tourne naturellement vers
les Romains.
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L'hostilité entre Celtes et Massaliotes favorisent la pénétration
et l'installation romaine en Provence. Massalia, cité commerciale,
ne dispose pas des moyens militaires suffisants pour s'opposer aux Celto-Ligures
et fait appel plusieurs fois à Rome qui est trop heureuse de mettre
un pied en Provence, trait d'union naturel entre l'Italie et l'Espagne
nouvellement conquise sur les Carthaginois.
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En -181, le général Paul-Emile occupe la côte ligure.
En -154, le consul Opimius soumet les Oxybii et les Décéates
qui avaient attaqué les colonies massaliotes d'Antibes et de Nice.
En -125, le général Sextius Domitius Calvinus écrase
la confédération salyenne et détruit leur capitale
Entremont. A quelques kilomètres des ruines d'Entremont, il fonde
la cité d'Aquae Sextiae (Aix-en-Provence) en -122. La fondation
en -118 de Narbo (Narbonne) jette les bases de la nouvelle province romaine
de Narbonnaise (la Provincia Romana). En -102, le général
Caïus Marius achève la pacification de la province en écrasant
les Cimbres et les Teutons. La romanisation peut commencer avec la construction
de la via Domitia et de la via Aurelia.
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En -49, Massalia, qui s'est rangée dans le camp de Pompée,
est conquise par Jules César et perd son indépendance. César
installe des vétérans dans les cités grecques comme
Arles, Fréjus ou Glanum. Mais l'intégration de la Provincia
au sein de l'Empire est l'oeuvre de l'empereur Auguste (-27/+14). Les vieilles
colonies grecques sont élevées au rang de colonies romaines
(Arelate, Forum Iulii), et des colonies latines sont fondées (Arausio/Orange,
Vasio/Vaison).
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Sous la Pax Romana, la Provence vit un important développement
humain, économique et monumental. Le pays se couvre de théâtres,
d'amphithéâtres, de thermes, de villae, d'aqueducs ou de forums.
Cette prospérité se voit freinée au IIIème
siècle de notre ère, lors de la crise générale
de l'Empire et des premiers raids des peuples germaniques en Provence,
en 257 puis 275, prémices des grandes invasions barbares. Pourtant
campagnes et villes continuent à faire preuve d'un grand dynamisme
(construction de nouveaux quartiers résidentiels). En 305, Arles
devient capitale impériale sous le règne de Constantin. Au
début du Vème siècle, la Narbonnaise est réorganisée
en trois provinces: les Alpes-Maritimes, la Narbonnaise Seconde et la Viennoise.
En 418, la préfecture des Gaules est transférée de
Trêves en Arles.
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L'existence de chrétiens en Provence est prouvé depuis
le IIème siècle de notre ère, mais ce n'est qu'après
la conversion de l'empereur Constantin (313) que sont construits les premiers
grands ensembles cathédraux ou que l'on en trouve mention: Arles
dès 254, Marseille en 314, et Aix en 408. La localisation de ses
évêchés a subsisté jusqu'à la réorganisation
opérée par la Révolution.
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Parallèlement le cénobitisme oriental (monastère
menant une vie commune sous la direction d'un abbé) se développe.
Les monastères de Lérins (Cannes) et de Saint-Victor (Marseille)
sont fondés au début du Vème siècle. Ils sont
les grands lieux de la foi chrétienne et de la culture gréco-latine
en Provence, et constituent des centres d'enseignements au rayonnement
spirituel et temporel.
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La Provence romane est l'héritière de cette tradition.
Les vieux baptistères paléochrétiens sont souvent
conservés et intégrés dans les bâtiments reconstruits
au XIème et XIIème siècle.
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